Sur les chemins de l’Eveil et du tantrisme

24 mar 2012

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

En Inde, l’hindouisme, religion dominante, côtoie le bouddhisme, l’islam, le catholicisme et le sikhisme. Dans une même cité, des constructions dédiées à Vishnou peuvent cohabiter avec des temples jaïns. Récit de notre voyage à Bodhgaya, ville de l’Eveil de Bouddha et Khajuraho, le village aux temples érotiques.

Bodhgaya, la cité de l’Illumination

Après une nuit passée en train couchette, nous gagnons Bodhgaya au petit matin. Les lueurs de l’aube offrent une vue splendide sur la campagne environnante de cette ville de l’état du Bihar. Le temps de notre escapade, nous logeons au monastère tibétain où nous disposons d’une grande chambre avec eau chaude pour environ 300 roupies soit quatre euros.

Plus de 30 000 personnes vivent à Bodhgaya. Chaque jour, la cité est inondée par un flot incessant de pèlerins (des Tibétains principalement) venus se recueillir devant l’Arbre sacré, un banian, où Siddhârta devint Bouddha. C’est ici, au VIe siècle avant JC, que le Prince atteignit l’Illumination, trouvant ainsi la voie pour enrayer le cycle des réincarnations. Aux abords du Mahabodhi, le temple principal, s’est développé un véritable marché religieux où moines et fidèles font leurs emplettes : bougies, statuettes, offrandes, encens ou encore bracelets porte-bonheur.

De notre côté, après quelque achats âprement négociés, nous pénétrons dans l’enceinte sacrée. Devant nous se dresse une pyramide haute de 52 mètres entourée d’une enceinte fortifiée. Tout autour, des centaines de fervents prient et communient entre les stèles et les stupas. Certains répètent inlassablement les mantras sacrés. En cette fin d’après-midi, la lumière s’évanouit sur le Mahabodhi et devant le banian, les fidèles apposent leurs mains et s’inclinent en signe de reconnaissance.

Après avoir fait le tour du temple par la gauche comme le veut la tradition, nous entrons dans une minuscule salle. A l’intérieur, siège une imposante statue dorée soumise aux flashes incessants des appareils photos et téléphones qui immortalisent l’instant. A ses pieds, une dizaine de bonzes au coude-à-coude récitent des prières d’une voie monotone. Sur le chemin de la sortie, les fidèles font tourner de leur main droite des moulins à prières faisant ainsi s’envoler les mantras dans les airs. Ferveur et sérénité font loi dans cet espace.

Un thé au village

Le second jour nous fuyons la foule, direction la campagne. Derrière la ville, quelques collines se détachent des rizières. Nous traversons plusieurs villages et comme au Cambodge ou au Vietnam, ici, les chars sont tirés par les bœufs, le sol des maisons est en terre battue et les sourires des enfants redoublent de générosité. Une jeune fille nous accoste et nous propose un thé et quelques gâteaux secs. En échange, Benjamin lui lègue son dictionnaire français-anglais. Après cette pause goûter, nous reprenons la route, vite poursuivis par des dizaines de gosses nous réclamant stylos et roupies. Nous réussissons finalement à les semer et atteignons le sommet d’une montagne. La vue est imprenable : à notre gauche, l’immensité des champs et des rizières ; à droite, le lit d’une rivière à sec (lieu propice aux besoins naturels des habitants).

Khajuraho, la capitale de l’érotisme

Après nos deux jours à Bodhgaya, nous partons pour Khajuraho dans l’état du Madhya Pradesh. Célèbre pour ses sculptures érotiques, ce village est perdu en pleine campagne. A l’est de la ville, on trouve le groupe des temples jaïns faits de marbre blanc et au cœur de la cité, ceux dédiés au culte hindouiste. Tous datent du Xe siècle et furent construits sous la dynastie des Chandella. Complexe, la doctrine tantrique ne se résume pas seulement aux questions de sexe mais aborde les notions d’univers, d’oubli de soi, de méditation… Les architectes des temples furent influencés par cette doctrine d’où la présence de nombreuses scènes érotiques sur les façades extérieures des édifices.

Notre journée débute par une petite comparaison habituelle des hôtels. Nos critères sont assez simples : a priori de bons lits et une fenêtre feront l’affaire le tout pour 400 roupies maximum. Si en plus on a l’eau chaude, c’est le grand luxe ! Nous jetons notre dévolu sur le Yogi Lodge. Dans cette guesthouse, nous retrouvons Michelle et Dennis, deux Hollandais rencontrés dans le train, en vadrouille depuis quelques mois qui rejoindront le Népal début mai.

Tous les cinq, nous faisons d’abord étape aux temples jaïns à l’est du village. Si le jaïnisme semble trouver ses racines dans l’Antiquité, cette religion fut véritablement « formalisée » au VIe siècle avant JC. Respectueux de la nature, et croyant en la réincarnation, les jaïns prônent la non-violence. Cette religion  compte aujourd’hui près de trois millions de fidèles à travers le monde dont la majorité en Inde. L’ensemble architectural que nous visitons est fascinant. Le marbre blanc réfléchit la lumière rasante de la fin de journée. Au soleil couchant, après que Benjamin a échangé quelques balles de cricket en pleine rues défié par des gamins, nous découvrons le temple de Brahma et Vishnou. Puis, nous regagnons l’hôtel pour où nous échangeons sur la méditation et le yoga, Michelle et Dennis étant de fervents pratiquants.

Le lendemain, nous visitons le site principal, à l’ouest, réputé pour ses sculptures érotiques. Partis tardivement de l’hôtel, c’est sous le cagnard (environ 45°) que nous découvrons les fameuses et non moins splendides scènes érotiques ciselées dans le grès jaune. Certains ouvrages nous rappellent les pierres taillées d’Angkor au Cambodge et notamment les tours qui surmontent les édifices. La finesse de la sculpture y est tout aussi majestueuse même si le style diffère. Nous égrenons les temples l’un après l’autre (Lakshmana, Parvati, Kandarïya Mahadeo…), multipliant les pauses bouteille d’eau afin d’éviter toute déshydratation. Si l’extérieur propose des façades chargées de représentations de la vie quotidienne, l’intérieur reste plus épuré mais offre également de belles sculptures.

En début d’après-midi, nous quittons le site pour terminer notre journée à l’hôtel. Demain, la ville sainte de Varanasi nous attend. C’est ici que Bouddha prononça son premier sermon après l’Illumination. En Inde, la religion reste omniprésente et se conjugue au quotidien.

 

1 commentaire

  1. dyonisos remirois

    Salut les filles! Bon, j’vais être honnête, j’ai pas lu l’article avant de poster ce com, juste pour vous faire un gros béco du 973, où il arrive que l’on évoque ces grandes baroudeuses au grand coeur qui passatent en notre terre sauvageonne et pour notre plus grand plaisir.
    See you later girls!

    Posté le 28 mars 2012 à 4 h 42 min | #

Publier une réponse à dyonisos remirois

*
*