Hoi An la belle commerçante

20 fév 2012

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Un bol d’air. Nous retrouvons enfin le soleil et la mer dans cette charmante ville. Ici, tout est coloré, les façades des maisons sont jaunes, bleues ou vertes, des lampions multicolores se balancent au-dessus des têtes et les échoppes étalent leurs tissus bariolés dans les rues.

“Beautiful dress, cheap dress !”

Hoi An est la ville des tailleurs. C’est ici qu’il faut se faire couper des robes ou des costumes sur mesure si l’on aime la soie et les beaux vêtements. Les vendeuses proposent des catalogues entiers de modèles découpés dans les magazines féminins européens et américains. Contrairement à deux voyageuses que nous croisons, nous n’achèterons aucune robe. Les deux fashionistas françaises en ramèneront seize dans leurs bagages !

Le centre-ville d’Hoi An est classé au Patrimoine mondial de l’Unesco et interdit aux voitures. De nombreux touristes déambulent dans ce bourg pour admirer les vieilles bâtisses, maisons basses aux balcons de bois, anciennes demeures de riches commerçants chinois.

Dès le XVe siècle, Hoi An fut un des principaux ports d’Asie du Sud-Est. Le monde entier venait s’y approvisionner en soie, thé, porcelaine, poivre et autres richesses locales. L’ensablement progressif de la rivière Thu Bon, voie maritime de la ville, fit finalement perdre son statut de port commerçant à Hoi An à la fin du XIXe siècle. C’est aujourd’hui Danang, à 35 kilomètres au nord, qui constitue le port du centre du Vietnam. Et tant mieux. Epargnée par les guerres du XXe siècle, la ville garde ainsi son cachet.

Une beauté qui a attiré l’écrivaine Anna Moï puisque c’est ici qu’elle s’est installée. L’auteure de Riz noir nous reçoit chez elle et discute avec nous de son pays, de ses écrits, d’Albert Londres et de la place de la langue française au Vietnam. Belle rencontre dans un cadre féérique, sa maison-château en brique rouge au bord de la rivière.

Au bord de la mer de Chine

Outre le charme de son centre-ville, Hoi An a également l’avantage de se trouver à sept kilomètres de la côte. De longues plages de sable blanc battues par les vents nous accueillent. Petit moment de détente avant de partir pour la Montagne de marbre. Sur une quatre voie récente, notre scooter longe le bord de mer qui se bétonne à toute allure. Les resorts neufs succèdent aux hôtels en construction. Triste littoral.

Quelques kilomètres de plus loin, cinq petits monticules sortent de terre, face à la mer : la Montagne de marbre. Véritable carrière calcaire, une des collines a été protégée et abrite de nombreuses pagodes, grottes et cachettes. Nous y accédons par un chemin dérobé, à l’arrière, fuyant les files de touristes attendant l’ascenseur construit à même le flan de la montagne. En pleine vacances du Têt, le lieu est assailli de familles de Vietnamien venus prier. Nous les suivons dans certains recoins de la montagne, lampe frontale vissée sur la tête, pour gravir les rochers et arriver à des points de vue insoupçonnés aux panoramas splendides. Le plus impressionnant dans cette belle montagne reste le bouddha gravé à même la roche dans la grotte Huyen Khong. Il domine l’énorme caverne, souriant devant les rais de lumière pénétrant des interstices du haut de la montagne.

A la pêche à la grenouille

Sur le chemin retour, nous cherchons à nous perdre dans les rizières. Pour rejoindre la campagne, il faut traverser de nouveaux quartiers environnants la Montagne de marbre : maisons neuves, routes inachevées, pas d’âme qui vive. Seule la poussière nous entoure. Paysage de western. Nous nous arrêtons demander notre route et boire un rafraîchissement (pensant commander un thé glacé, nous recevons un soda archi-sucré). De la musique et des chants tout proches attirent nos oreilles. Quelques pas et nous voilà au cœur d’une étrange cérémonie : trois hommes, vêtus d’habits traditionnels et de turbans noirs, prient, chantent et tambourinent pour un couple venu, probablement, les consulter. De nombreuses personnes patientent dans ce qui semble être une salle d’attente et l’on nous tend rapidement deux chaises. Silencieuses, nous assistons au rite auquel nous ne comprenons rien. L’homme et la femme doivent, chacun leur tour, jeter une dizaine de pièces au sol. Une face de la pièce est blanche, l’autre noire. Les maîtres de cérémonie chantent, passent un couteau entre les pièces qui tombent et semblent faire des prédictions. Nous n’osons pas sortir l’appareil photo et le micro et quittons discrètement les lieux pour poursuivre notre route.

Plusieurs kilomètres plus loin, nous apercevons une dizaine de pêcheurs au milieu de rizières. En les rejoignant, nous découvrons qu’ils pêchent à la grenouille ! Les petites créatures sur l’hameçon, ils ont déjà attrapé plusieurs poissons. Leurs cannes ne sont pas munies de moulinets et les hommes rembobinent leur fil avec dextérité sur une sorte de mini-jante. L’un d’entre eux nous tend sa canne et nous découvrons toute la difficulté de leur système D. Rires de toute la compagnie devant notre gaucherie. Nous poursuivrons notre tentative de pêche plus loin, au bord de la rivière Thu Bon, dans un café qui met à disposition une barque et des cannes en bambou. Nouvel échec, nous ne mangerons pas de poisson pêché par nos soins cette fois.

Lampions, fête foraine et gastronomie

Cependant, nous tombons amoureuses de la gastronomie d’Hoi An. Les spécialités locales sont nombreuses et nous les testons presque toutes : du Cao Lau au Mi Quang en passant par le Hoan Thanh Chien, notre favori. Ce dernier plat, « wonton » en anglais, est une sorte de galette de riz grillée, recouverte d’un concassé de tomates-oignons-porc-crevette et épices. Un régal que nous dégustons chaque soir dans des gargotes en bord de rivière.

Si Hoi An est  séduisante de jour, c’est la nuit qu’elle dévoile ses charmes. Lampions multicolores, animations à chaque coin de rue, la ville s’illumine et s’agite jusqu’à 23h (ce qui est plutôt tardif pour une ville de province vietnamienne). Nous passons d’une fête foraine à l’autre, goûtant des mets toujours plus étranges (brochettes oranges, roses blanches, etc), jouant au chamboule-tout sans évidemment gagner… Des spectacles de danse traditionnelle sont donnés sur des parvis et un jeu mystérieux attire les foules : deux équipes sont formées dans le public et deux chanteurs mènent la partie tandis qu’un groupe de musique rythme le tout. Incompréhensible et très intrigant pour les non-vietnamophone que nous sommes. C’est donc reposées et charmées que nous quittons Hoi An pour les plateaux du centre du pays.

2 commentaires

  1. Amélie & Daphné

    Hahaha!!! Traitres!!!
    Beau récit, comme d’hab, et on y retrouve tout à fait Hoi An
    Signé : les desperates fashionatas

    Posté le 20 février 2012 à 13 h 07 min | #
  2. kristof

    yo las muchachas!! j’ai pris plaisir a vous écouter,garder la flamme et l’envie!! ca fait plaise!!a plus dns l’bus..kristof from cayenne&nantes maintenant..des bises!!!!!!!!!

    Posté le 20 février 2012 à 17 h 09 min | #

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