Péripéties sur la route de Battambang

14 jan 2012

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Mardi 27 décembre, nous embarquons pour sept heures de bateau à destination de Battambang. Le Tonlé Sap reflète un ciel sans nuage et, en faisant l’impasse sur les deux heures de retard, le voyage s’annonce idyllique. C’était sans compter le bruit. Par un malheureux hasard, nous sommes installées à l’arrière du bateau, collées au moteur. Au moins nous sommes à l’ombre, pas comme ceux qui se sont posés sur le toit et y cuisent toute la journée.

Au fil du lac

Le trajet est magnifique. Nous traversons le nord du Tonlé Sap. Ce lac, véritable mer intérieure du Cambodge, compte des milliers d’habitants répartis sur de nombreux villages flottants. Du pas de leurs maisons, les enfants nous font de grands signes de la main tandis que les adultes vaquent à leurs occupations quotidiennes : pêche, lessive, cuisine… Difficile d’imaginer la vie sur l’eau. Un pied hors de chez soi et plouf ! Il faut prendre le bateau pour tout : aller à l’école, faire des achats, rendre visite… Autant dire que les gamins naissent une pagaie à la main comme sur les bords de l’Amazone. Nous ne nous lassons pas de contempler cette mer d’huile et les remous provoqués par notre navire sur les  plantes aquatiques qui ondulent à notre passage, tapis végétal posé sur l’eau.

Nous traversons plusieurs villages avant d’emprunter une rivière, la Sangker. La végétation se fait plus dense et les branches fouettent la coque du bateau, nous éraflant au passage si nous n’y prenons garde. Tout le monde se regroupe au centre du pont pour échapper aux griffes vertes. Le long de ce cours d’eau, la pauvreté se fait de plus en plus visible. Ici les gens n’habitent plus sur des maisons flottantes mais directement sur leurs bateaux. On trouve en effet sur le lac des communautés parmi les plus pauvres du pays. Au Cambodge, une ouvrière dans le textile gagnera entre 40 et 50 euros par mois, une somme déjà misérable, et les familles que nous croisons n’ont pas un dollar par jour pour vivre… L’activité principale sur le lac est la pêche mais cet énorme réservoir de nourriture commence à se vider et de nombreux programmes se mettent en place pour préserver sa biodiversité exceptionnelle. Quant à nous, nous voguons les yeux grands ouverts devant les sourires des habitants, les rizières, les déchets, les aigrettes, la beauté et la misère.

Pannes en série

Après cette journée mémorable sur le plus grand lac d’eau douce d’Asie du Sud-Est, nous arrivons à Battambang. La deuxième ville du pays n’a rien d’exceptionnel si ce n’est ses environs. Des rizières à perte de vue, une campagne fertile et tranquille. Ni une ni deux, nous louons un scooter pour découvrir les alentours ! Ravies, le casque sur la tête et le sourire jusqu’aux oreilles, nous roulons jusqu’au Phnom Sampeou. Ce mont, haut d’une centaine de mètres, abrite un temple à son sommet et une bien tragique histoire. Ses grottes naturelles ont été utilisées par les Khmers Rouges pour jeter leurs victimes. Des centaines de personnes ont été tuées dans ces puits de roche. Aujourd’hui, un bouddha couché et un autel reposent au côté des crânes des morts. Après cette difficile visite, nous profitons du point de vue époustouflant sur la campagne de Battambang et descendons du mont récupérer notre engin motorisé !

Cinq cent mètres plus loin, dans un chemin de terre, le deux-roues s’arrête… Impossible de redémarrer. Tout de suite, deux hommes sur une mob’ freinent pour nous aider. Nous ne pouvons pas communiquer mais ils tentent tout pour nous faire repartir : aspirer l’air dans le réservoir d’essence, tripoter les pédales, manipuler le starter, mais rien n’y fait ! Il est midi et demi, la chaleur est à son comble et nous devons pousser l’engin jusqu’au garage le plus proche. En chemin, tout le monde se marre en nous regardant suer et plusieurs hommes nous arrêtent pour essayer de redonner vie au scoot. En vain… Nous arrivons au garage accompagnées d’un jeune homme qui parle anglais et explique notre souci. En deux coups de clé à molette, le garagiste démonte la bécane, bidouille, la remonte et nous dit dans un grand sourire que c’est bon ! De notre côté nous avons réussi à contacter le loueur du véhicule pour l’informer de notre panne. Le garagiste et lui échangent par téléphone et nous repartons, riant déjà de cette mésaventure.

Un kilomètre plus loin, le scooter s’arrête encore. Même panne. Hors de question de pousser jusqu’au garagiste. La chaleur est terrible. Nous nous posons à l’ombre d’un arbre, dans la poussière, et rappelons le propriétaire du deux-roues qui débarque, vingt minutes plus tard, pour nous dépanner sur place. Nous repartons après nous ne savons quelle manipulation… Pour tomber en panne, une troisième fois, à peine avancées de quelques kilomètres. Notre réparateur fait demi-tour et revient nous aider après avoir acheté un tuyau qu’il change. Heureusement, le nouveau tube tiendra le choc pour le reste de la journée !

Nous roulons jusqu’au Wat Banon, un temple situé à 22 kilomètres de Battambang. La campagne est vraiment magique en cette période de récolte du riz et nous nous amusons à circuler sur les petits chemins de latérite, nous arrêtant sur les ponts et bords de route admirer les zébus.

Le soir tombe vite et nous filons à notre cours de cuisine, chez Nary, avant de partir le lendemain pour le sud du Cambodge. Sihanoukville, Kampot et l’île de Koh Rong Saloem nous attendent. Nous retrouvons Jean, rencontré dans le Ratanakiri, pour quelques jours de détente au soleil, entre plongée, bateau, lectures et cocktails. Une bien belle fin d’année 2011.

1 commentaire

  1. LA MARINE

    AHHHHH CA ME FAIT BIEN MARRER MES DEUX AVENTURIERES ET LEURS PANNES DE SCOOTERS

    MOI JE ME SUIS FAIT MORDRE PAR UN IGUANE !!!

    DES BISES

    Posté le 15 janvier 2012 à 0 h 54 min | #

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