Au bonheur des produits tropicaux

28 oct 2011

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Un mercredi matin comme les autres à Saint-Laurent-du-Maroni. Les habitants se retrouvent autour des étals de la place du marché. Les stands sont moins nombreux que le samedi, jour de grande affluence. Accompagnées par notre ami Henri, nous partons découvrir les odeurs, saveurs et autres « bizarreries » des produits locaux. Mais avant, petit rappel historique.

Ici, la plupart des fruits et légumes sont produits par les Hmong, une ethnie originaire du Laos. En 1977, fuyant le communisme, plus de 10 000 Laotiens sont accueillis en Guyane sous le statut de réfugiés politiques. Leur installation doit favoriser le peuplement du département et aider au développement de l’agriculture. Actuellement, les Hmong vivent principalement dans deux villages : Javouhey et Cacao. Les marchés de Cayenne, Saint-Laurent-du-Maroni et Kourou sont ravitaillés par les produits issus de leur labeur. Et si la diversité des fruits et légumes est impressionnante, la qualité, parfois, n’en reste pas moins douteuse. Sans faire de généralité sur l’ensemble des producteurs, il semblerait que les Hmong utilisent d’importantes quantités d’engrais (substances parfois interdite en France mais achetées au Suriname)… Adeptes de l’alimentation bio, s’abstenir.

Le couac, le manioc d’Amérique du Sud

Il est 8h30 à Saint-Laurent, et déjà le soleil nous plombe. Les halles de la ville trônent fièrement au cœur de la place. A l’intérieur, si l’envie vous prend, vous pouvez déguster une soupe, des nems ou tout autre plat asiatique. Nous avons déjà honoré cette coutume sur le marché de Cayenne et passons notre tour. Aujourd’hui, nous venons flâner et faire quelques courses.

Première objectif : le couac. Nous avons découvert cette semoule de manioc chez Carole, notre couchsurfeuse de Remire-Montjoly. Oublié le goût acre et acide du manioc africain qui ne faisait pas notre bonheur au Gabon ! Avec le couac, nous sommes séduites. Pour cuisiner cette semoule, rien de plus facile (et pratique, pour nous voyageuses !) Prenez un bol, versez votre quantité de semoule, arrosez-la d’un peu d’eau. Après quelques minutes, la semoule a gonflé. Retirez l’eau et dégustez selon vos envies. Le couac accompagne très bien les blaffs (bouillons) de poisson. Mais aussi, les pique-niques improvisés sur le bord d’une crique avec pour seul accompagnement une boîte de thon et deux concombres. Nous trouvons donc notre manioc sur les conseils avisés d’Henry. Le produit doit être le plus jaune possible. A 2 € le kilo, ce n’est pas la ruine et ça dépanne très bien !

Chadeck, dachine et giraumon

Côté fruits et légumes, nous ne sommes pas non plus en reste. Henry veut tout nous faire goûter. Le parépou par exemple. Au détour de notre balade gustative, nous rencontrons Gilbert, le propriétaire de notre carbet. Lui aussi veut nous faire découvrir ce fruit mystérieux. Grappe multicolore issue du palmier pêche, le parépou est préalablement bouilli avant d’être servi chaud pour l’apéritif. Intriguées, nous en achetons une barquette, testée le soir même au carbet. Imaginez les saveurs d’une châtaigne, la texture de l’artichaut, le tout entouré d’une fine pellicule de graisse et vous aurez un bref aperçu du produit.

Rayon légumes, nous découvrons la dachine, une imposante racine au goût de pomme de terre qui accompagne viande et poisson. La citrouille locale, le giraumon, est aussi une star du marché. En salade, en jus ou encore en purée, cette délicieuse cucurbitacée parsème les plats d’une couleur orangée. En déambulant entre les stands, de nouveaux produits attisent notre curiosité comme le fruit à pain, sorte de gros ballon de rugby vert et ridé. Demain, nous sommes conviées à la table d’Henry : son épouse doit nous concocter un migan, plat antillais, où se mêleront poisson salé, dachine, fruit à pain, tubercules et épices.

Sur les étals, on achète aussi du chadeck, le pamplemousse local. Assez imposant, sa chair rosée est juteuse et sucrée. Autre curiosité : les ramboutans, des fruits typiquement asiatiques. De couleur rouge-orangée, cette petite coque que l’on décortique et gobe aisément a la saveur du litchi. Au détour des producteurs, nous tombons évidemment sur les incontournables agrumes : mandarines, oranges, citrons vert… Et des pyramides d’ananas. Pour le choisir, la technique est simple. Le fruit tropical doit être jaune. Plongez votre main à travers les feuilles qui couronnent sa tête et tenez la tige centrale. Si elle se détache facilement et que votre ananas chute, il sera prêt à être consommé.

Et pour continuer cette escapade gastronomique, nous ne résistons pas à l’achat d’une noix de coco. Plus la coco est lourde, plus elle sera gorgée de jus et de chair. Ensuite, il suffira (avec une main de fer) de la casser sur l’arête d’une pierre ou tout autre matériau résistant pour en extraire le liquide et racler la pulpe. Et après un mois en Guyane, le coupe-coupe greffé à la main, on peut vous affirmer que la noix de coco n’a plus de secret pour nous.

3 commentaires

  1. Nicole

    ils sont beaux ces fruits et légumes mais dommage qu’ils soient trop traités et donc néfastes à l’organisme.

    Posté le 2 novembre 2011 à 17 h 49 min | #
  2. marine chatanoux

    enorme !!!

    on entend meme le bruit de l’eau de la coco !!!!

    Maracuja les plus pourris c’est les meilleurs

    merci pour cet avant gout de St Lurent samedi j’irai donc au marché ca donne bien envie!!!

    les photos sont splendides et l’enregistrement on se croierait presque chez Mermet !!!!

    Posté le 2 novembre 2011 à 22 h 38 min | #
  3. karine

    je dirais vive la coco, le fruit à pain, la banane, le parépou, le giraumon, le cra-manioc finalement tout ce qu’on a dans nos jardins et tout pousse par ici sauf les produits de métropole! alors manger local
    et c’est trop bon et ça donne de l’énergie! hein! les filles

    Posté le 17 novembre 2011 à 6 h 31 min | #

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