Lambaréné, la ville de l’autre Albert

18 juin 2011

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Après huit jours à Libreville et un court séjour à Nyonié (sur la Pointe Denis), nous voici parties pour notre première excursion en province. Objectif : Mayumba à l’extrême sud du pays via Lambaréné, Mouila et Tchibanga.

Vendredi 17 juin au matin, Tatiana nous conduit au PK9 (point kilométrique 9) où nous attrapons le bus pour Lambaréné. A notre surprise, les sièges sont confortables, le chauffeur roule vite mais correctement et l’on se croirait presque dans un car français de voyage scolaire s’il n’y avait cette musique de variété gabonaise à plein volume pendant les 4h de trajet. Mauvais rap, chansons d’amour, nous avons le droit à tout et surtout aux clips les accompagnants. Passons sur le film philippin d’action mal doublé en français racontant l’histoire d’un garçon qui va sauver ses éléphants des mains d’une méchante mafia et rencontrer l’amour au passage. A titre d’exemple, voici une chanson que nous entendons en boucle depuis notre arrivée. Le chanteur gabonais, Olivier Ngoma, est décédé. Ce titre aborde la condition des veuves  (mukuili en langue vili). Nous y reviendrons.

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C’est également lors de ce trajet que nous découvrons les multiples barrages de police et les contrôles de papier réguliers, parfois trois en trois kilomètres ! Un gardien de la paix nous demande même de lui présenter notre carnet de vaccination en plus du passeport.

A Lambaréné, nous logeons chez les sœurs de l’Immaculée conception. Sœur Marie-Madeleine nous accueille sous l’égide de la mère supérieure, une Française installée au Gabon depuis 50 ans. Leur très belle mission en brique rose n’est pas sans nous rappeler Toulouse. L’Ogooué remplace la Garonne et la verdure qui entoure les lieux nous apaise après l’agitation librevilloise. La ville de Lambaréné se situe sur une île au milieu de la rivière. On y trouve le « centre-ville » et la mission des sœurs. En face, sur la rive gauche, les habitations s’étendent formant le quartier populaire Isaac, tandis que, rive droite, est installé l’hôpital du docteur Schweitzer.

Car c’est lui l’Albert local, Albert Schweitzer, médecin alsacien qui reçut le prix Nobel de la paix en 1952. Accompagné de sa femme Hélène, le docteur est arrivé à Lambaréné le 16 avril 1913. Il débute ses consultations dans un vieux poulailler qu’il transforme en salle d’opération. Son épouse se fait intendante et infirmière.  Musicien (il donnait des concerts d’orgue dans toute l’Europe pour récolter des fonds), il était également architecte, docteur en philosophie et théologien. Grand croyant, il s’est interrogé sur la civilisation, l’éthique et a développé, en septembre 1915, la notion de « respect de la vie » : « Le principe élémentaire de l’Ethique et de la Vraie Humanité. » Le médecin  s’est aussi engagé contre la bombe atomique en publiant de nombreux articles et a prononcé un « appel à l’humanité » diffusé à travers 140 radios de la planète. Grâce à l’argent du Nobel, il a construit le « village lumière », un quartier qui accueillait à l’époque près de 300 lépreux au sein de l’hôpital. Aujourd’hui, environ 250 personnes vivent ici sans compter les patients. Cet hôpital historique est le premier lieu touristique du Gabon et a fait connaître la ville de Lambaréné,  chef-lieu de la province du Moyen-Ogooué.

Si Albert Londres a jeté l’ancre à Libreville en 1929, il n’a pas pris la peine de pousser en pirogue jusqu’à Lambaréné où il aurait pu rencontrer son homonyme. Nul doute que les deux Albert auraient eu plaisir à partager leur vision de l’Afrique!

4 commentaires

  1. Elémentaire docteur Schweitzeret docteur Mc Gyver !
    ah, j’adore vos sons…
    quand vous leur disez « Punaise »… ils doivent se marrer. Heureusement que vous êtes pas de Marseille à leur balancer des « p’tain ».
    Est ce que Nolwenn a encore les séquelles du gouffre des fourmis « la vaches, elles sont énoooorrrmmes, elles se scratchent dans les pompes »… ?

    Posté le 5 juillet 2011 à 20 h 37 min | #
    • Nolwenn

      Pat, toi aussi tu te souviens de cet épisode où même le couteau suisse de notre cher McGyver ne put pas le sauver des fourmis ? Mes pieds n’en n’ont gardé aucune séquelle, j’ai éradiqué les bestioles avant :-)

      Posté le 6 juillet 2011 à 14 h 00 min | #
  2. Nicole

    oui Lambaréné où le docteur Jean-Pierre Willem (« médecin aux pieds nus »)
    a rencontré Albert Schweitzer âgé de 90 printemps en 1964.Albert S. était un très grand humaniste.

    Posté le 5 juillet 2011 à 22 h 26 min | #
  3. balcon

    J’ai adoré ce reportage!!!! Peut-être parce que je suis infirmière. Très bien illustré par de belles photos. Alors je vous dis BRAVO les filles et continuez à nous faire profiter de votre voyage. A bientôt (j’attends la Guyane avec impatience).

    Posté le 18 juillet 2011 à 16 h 39 min | #

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