Douce anarchie

11 juin 2011


« Tu te souviendras à jamais de l’odeur de l’Afrique. » Avant de quitter l’Europe, nous en avons entendu des avis et des recommandations. Aujourd’hui, nous voici dans le grand bain les sens en alerte et les yeux ouverts. A peine sorties de l’aéroport international de Léon Mba, nos vêtements nous collent à la peau. L’humidité dans l’air contraste avec la clim de l’avion. Choc thermique avant le choc culturel.

Notre premier objectif de la journée (avant d’aller dormir dans un vrai lit !) est de trouver un téléphone afin de joindre nos proches. Pour quelques jours, nous logerons en bord de mer, et pour atteindre le centre-ville, c’est taxi obligatoire. Nous devrions pouvoir négocier notre course à 1000 FCFA (1,50€). Entendez par là le tarif touriste européenne pas encore très à l’aise dans la négociation. Les bagages déposés chez notre hôte, nous interceptons  la première voiture rouge et blanche que nous apercevons. « 1000 pour le casino, svp ! » Au Gabon, inutile de donner une adresse à votre taximan, cette notion n’existe même pas ! Les jours suivants, nous comprendrons qu’il suffit de préciser un carrefour, un supermarché ou encore un cybercafé pour que le chauffeur comprenne notre destination.

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Embarquées à l’arrière du véhicule, fenêtres ouvertes et musique de rigueur. Nous engageons la discussion avec notre chauffeur ghanéen. Ici, les conducteurs ne sont pas Gabonais. La plupart viennent des pays limitrophes (Camerounais, Congolais). Le boulevard du bord de mer défile sous nos yeux, entre slalom de voitures, klaxons permanents et radio du taxi.

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Descendues à destination, nous sommes un peu perdues. Et ça se voit !  A côtés de nous, une Gabonaise entame la discussion et nous propose d’être notre guide pour l’après-midi. Regards complices avec Julie : « Ok, on lui fait confiance et on la suit ». Tatiana a 29 ans, au chômage depuis un an, et vit seule dans un petit studio. Le taxi (la course négociée est passée à 600 FCFA pour trois…) s’engouffre dans les rues et ruelles jusqu’au quartier de Mont Bouet.


Dans les rues librevilloises, tous nos repères volent en éclat. Pas de passage piéton, ici il faut seulement rester très attentif. Exit les panneaux de circulations, la notion de priorité à droite semble n’avoir jamais existée. Nous apercevons à peine un ou deux feux tricolores qui parsèment les routes du quartier.

Sur les trottoirs, nous naviguons entre les échoppes, les poubelles qui jonchent le sol, les vendeuses de fruits et légumes. L’odeur des brochettes se mêle à celle du manioc, beaucoup moins appétissante ! Des femmes vendent des poissons baignant dans une eau croupie au fond d’une brouette. Il règne ici une douce anarchie. Nous sentons les regards curieux, interrogatifs et parfois « dragueurs » des hommes qui nous entourent. Deux jeunes femmes blanches, cela ne court pas vraiment les rues. Le Gabon n’est pas encore une destination touristique et très peu d’étrangers s’aventurent ici pour en découvrir les richesses.  Tatiana passera tout l’après-midi avec nous, nous expliquant de rester prudentes, particulièrement en ville. Les jours suivant, nous nous mêlons facilement à la foule, parcourant la ville à pied et en taxi. Découvrant les grandes artères de Libreville et des quartiers plus populaires.


Étrangement, les guides touristiques préconisent de passer deux voire trois jours dans la capitale. Il est vrai qu’ici vous n’irez pas visiter de musée (nous avons essayé, il était fermé, et délabré). La « vie culturelle » est inexistante.  Mais les véritables rencontres se font dans la rue. Et à ce jeu, nous sommes particulièrement chanceuses ! Après Tatiana, nous faisons la rencontre de Richard, jeune Gabonais de 37 ans, puis de Placide un journaliste de 43 ans. Tous les trois deviennent nos guides pour cette semaine librevilloise. Aucun intérêt financier, aucune malveillance. Tous sont animés par une seule envie : nous faire découvrir leur pays.  Bienvenue au Gabon.


PS : Nous rencontrons des problèmes de connexion et de mise en page de diaporama photo, veuillez nous excusez pour la présentation de ces deux premiers billets. Nous espérons que cela n’altère pas votre lecture.

18 commentaires

  1. Linda

    J’ai l’impression d’être avec vous!
    Les filles, je vous encourage à aller au cap Esperia aussi!
    Juste un bémol! les « white » à Libreville, il y a en a! n’oublions pas que les rois du pétrole sont pour la plupart des Français!
    Mais deux nanas blanches, sac à dos, sans alliances! évidement y en a moins! ;-)
    Quartier de la sablière, il y a « au bout du goudron » (pour indication au taxi), « EBANDO », signifie « au bout de l’univers ». Si votre curiosité vous en donne le goût, je vous invite à rencontrer Hugue Obiang.
    « On est ensemble! »
    Bises de Montréal où les festivals de musique affolent la ville québécoise !

    Posté le 11 juin 2011 à 19 h 21 min | #
  2. MA

    Douce anarchie ou joyeux bordel !

    Posté le 11 juin 2011 à 20 h 41 min | #
  3. Hélène

    Salut les filles!! A la lecture de vos billet j’ai mon esprit en vadrouille d’abord à Londres puis en Éthiopie et maintenant au Gabon. Je ne sens ni l’odeur ni la moiteur ambiante mais vos récits autant sonores qu’écrit m’amène avec vous!! Bravo et merci pour ce démarrage en fanfare!!

    Posté le 11 juin 2011 à 20 h 51 min | #
  4. BbA

    Superbe reportage « live », bruitage, musique et commentaires, chouette idée. Bonne continuation !

    Posté le 11 juin 2011 à 22 h 08 min | #
  5. alexandra

    « Ici, les conducteurs ne sont pas Gabonais. La plupart viennent des pays limitrophes (Camerounais, Congolais). »

    Pourquoi ? Merci.

    Posté le 12 juin 2011 à 8 h 14 min | #
    • Nolwenn

      Bonjour,
      Les taximen sont en majorité des Africains venus des pays voisins : Sénégal, Cote d’Ivoire, Guinée, Cameroun et Congo. Selon nos informations, il semble que les Gabonais refusent ce type de travail, jugé dégradant… Ici, le premier employeur du pays reste la fonction publique. Le bois lui arrive en seconde position pour les emplois suivi de près par le pétrole (nombreuses compagnies installées au large de Port-Gentil) Le rêve des Gabonais est donc de devenir fonctionnaire plutôt que taximan ou vendeurs dans les marchés

      Posté le 18 juin 2011 à 14 h 10 min | #
  6. Vir

    Ah vraiment çà fait plaisir de vous lire et super les bandes sonores! Profitez bien!

    Posté le 12 juin 2011 à 12 h 35 min | #
  7. Anna and Aela

    We are hoping you are having a wonderful time. Aela and I are following you on the atlas, we will explore Africa in a book : )
    bisous and safe travels

    Posté le 13 juin 2011 à 6 h 39 min | #
    • Nolwenn

      Thank you very much. You can following us on map : for the moment, we are in Lambarene. After this « town » we’re going to visit south of Gabon : Tchibanga, Mayumba. Before : Port-Gentil and east part : Franceville, Lope park…
      Many kisses for both of you, take care.
      Aunty N.

      Posté le 18 juin 2011 à 14 h 06 min | #
  8. Ben

    Hé bien ça donne l’eau à la bouche tout cela.
    Les débuts semblent prometteurs, vivement la suite.
    Prenez en plein les yeux pour nous!
    Prenez soin de vous et bonne continuation.

    Posté le 13 juin 2011 à 21 h 12 min | #
  9. Martin

    Un joli récit pour nous mettre en route avec vous. Les incrustations sonores sont géniales. Vite, la suite…

    Posté le 15 juin 2011 à 12 h 41 min | #
  10. mortamet

    Salut les filles!
    C’est chouette de suivre vos aventures à distance. Bonne continuation, et au plaisir de vous lire…
    Aline

    Posté le 16 juin 2011 à 8 h 55 min | #
  11. Diane

    Très sympa les photos et incrustations sonores : vive le plurimedia !
    Soyez prudentes !

    Posté le 16 juin 2011 à 15 h 27 min | #
  12. Gardel Benjamin

    Allez hop, on y va, en route pour l’aventure…

    Posté le 17 juin 2011 à 10 h 06 min | #
  13. Nicole

    Comme les photos sont belles et les reportages audio sont chouettes,
    Quelle drôle d’impression de faire partie du périple!
    Bravo les filles!

    Posté le 17 juin 2011 à 18 h 40 min | #
  14. leboyer

    cool…..

    Posté le 22 juin 2011 à 20 h 52 min | #
  15. leboyer christophe

    trop bon…

    Posté le 22 juin 2011 à 20 h 53 min | #
  16. mam

    35 ans après pour moi ,que de souvenirs …. ravivés par ces images et sons!
    de beaux moments qui représentent bien l’Afrique que vous avez su captés, il y en a beaucoup d’autres à vous de les découvrir.

    Posté le 23 juin 2011 à 7 h 28 min | #

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